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L'obéissance à plein temps [Montréal, le 26 mars 1996]
Dans son discours inaugural devant la deuxième session de la 35e législature (et quelques centaines de milliers de pages de lois plus loin), le Premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, déclare: "Cette année, nous allons gouverner à plein temps." J'en déduis que, jusqu'à maintenant, tout en confisquant plus de la moitié de ce que les gens produisent et gagnent (c'est-à-dire du PIB), ces gens-là gouvernaient à temps partiel.
Tyrans à temps partiel, ils avaient réussi, de concert avec leurs complices d'Ottawa, à exproprier, ficher, enrégimenter, déresponsabiliser les individus, à donner aux Québécois une âme tricheur ou de serf, à détruire la famille, à battre des records en nombre de jeunes chômeurs, décrocheurs, incultes ou suicidés, à faire applaudir le chef porté sur un bouclier, bref à créer une société québécoise de rêve.[1] Ils vont maintenant améliorer tout cela en commandant non-stop.
En contrepartie, les Québécois sont appelés à obéir à plein temps. Il est peut-être temps de leur dire bien haut: "Vos lois ne me concernent pas."
1. Voir mon projet d'hymne national québécois, "La Bouillabaisse, ou le Chant des homards"; et, sur la désobéissance civile, mon "Civil and Uncivil Disobedience. Would Henry David Thoreau have obeyed stop signs in Outremont, Québec?", Liberty, July 1995. [Retour au texte]