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Automobilistes violents, mystère et boule de gomme [Montréal, le 26 février 1997]
Dans sa chronique du Devoir (25 février 1997), Graham Fraser fait état d'un phénomène prémonitoire qui se développe aux États-Unis: les agressions commises par des automobilistes frustrés. C'est une chronique fort révélatrice.
Premièrement, par l'ignorance sélective de la réalité. Le chroniqueur écorche au passage tout ce qui ressemble à la liberté, y compris le droit de porter des armes, mais sans trop s'embarrasser des faits. Tous ses exemples d'automobilistes colériques ayant sorti un revolver se situent à Washington, où la possession d'armes de poing est interdite aux simples citoyens depuis 1977. Pourquoi ces crimes ne prolifèrent-ils pas là où ce ne sont pas seulement les criminels et les fous qui portent une arme (tenez, à Londres il y a 75 ans, ou au Vermont aujourd'hui)? Mystère et boule de gomme.
Deuxièmement, par le diagnostic posé. Cette montée de l'irresponsabilité, nous dit-on, relève du "réflexe de la concurrence" et de "l'individualisme américain". On croirait presque entendre un Lionel Groulx ou autre fasciste, avec leur haine viscérale de l'individualisme; ou encore un George Fitzhugh, l'auteur esclavagiste américain, qui écrivait: "La liberté est un mal que l'État a pour mission de guérir."