Série de trois articles publiée dans Le Devoir, les 22, 23 et 24 janvier 1996. (Note: C'est le présent texte qui fait foi.)

La révolution ratée
par
Pierre Lemieux

 

  1. Le clerc et le coureur des bois (22 janvier 1996, p. A-7)
  2. Entre les Hells Angels et les Rock Machine (23 janvier 1996, p. A-7)
  3. Appel à la révolution (24 janvier 1996, p. A-7)


1) Le clerc et le coureur des bois

Monsieur le Curé l'a bien vu passer,
Le fusil chargé et les yeux méchants .

-- Félix Leclerc

On trouve dans le folklore québécois des traces de l'individualisme farouche du coureur des bois. Même si la Révolution tranquille (comme la Révolution française deux siècles plus tôt) a amené de l'eau au moulin du Pouvoir, ses chantres exprimaient parfois la liberté, quoique leurs accents individualistes ne brillassent pas par leur cohérence.

Culturellement et historiquement, les Québécois sont partagés entre deux traditions: autoritarisme et liberté. Bien entendu, je pars de l'idée que "le Québec" n'est pas un super-individu doué de conscience collective et composé d'homoncules pompeusement nommés citoyens. Du point de vue de l'épanouissement des individus qui habitent le territoire que les cartes nomment "Québec", la seule question qui importe alors est de savoir laquelle des deux tendances domine et laquelle l'emportera.

Ces hypothèses étant posées, mon examen cheminera dans un corridor plutôt étroit. Je négligerai notamment l'idée du "droit d'ignorer l'État" (Herbert Spencer, Le droit d'ignorer l'État [1850], Paris, Belles Lettres, 1993), et supposerai que l'antithèse liberté-autorité ne déborde pas le cadre du discours politique conventionnel fondé sur la nécessité présumée de l'État tel que nous le connaissons.

Les deux traditions occidentales

Les Québécois ne sont pas les seuls à chevaucher (au petit trot, en l'occurrence) le hiatus liberté-autorité, qui se traduit dans l'Occident moderne par l'opposition, bien identifiée par Benjamin Constant, entre la liberté individuelle et la "liberté collective": la première consiste dans la reconnaissance des choix individuels, et s'identifie à la "liberté des modernes"; la seconde signifie la capacité de décider sur la place publique des choix collectifs à imposer à tous par la force, et vient en droite ligne de la conception léguée par les anciens, ceux de Sparte, d'Athènes ou de Rome.

Au confluent des deux tendances, la Révolution française a cherché, comme le dit si bien Émile Faguet, à marier l'eau et le feu, la souveraineté du peuple et la liberté individuelle. D'autres, comme Jacques Ellul, ont été moins indulgents en présentant 1789 comme la première révolution à se faire pour, et non pas contre, le Pouvoir. Même la Révolution américaine comportait un courant républicain apparenté à la conception ancienne de la liberté. La tradition britannique baigne dans la même ambiguïté: contre le conservatisme des Tories, qui représente la liberté des anciens, se dressaient des libéraux comme John Locke. Autre difficulté: "les libertés anglaises" (Blackstone) d'apparence conservatrices recèlent souvent une affirmation des droits individuels à faire blêmir d'incompréhension les conservateurs qui nous gouvernent à Québec comme à Ottawa.

Aujourd'hui comme hier, et au-delà de la novlangue politique, les conservateurs veulent conserver ou renforcer l'autorité établie, qu'elle appartienne à une aristocratie ou à la "tyrannie de la majorité" selon le mot de Tocqueville. Ceux de l'autre côté des barricades poursuivent le combat séculaire pour la liberté.

De l'Église-État à l'État-Église

Que l'histoire politique du Québec se caractérise par le conservatisme tel que défini ci-dessus ne saurait faire de doute. Produit de l'Ancien Régime, la société québécoise a épousé à reculons les libertés anglaises, en y greffant la vision collectiviste de la démocratie. Les Québécois ont rejeté les promesses de la Révolution américaine et sont passés à côté du souffle libéral de la Révolution française. Leurs gouvernements d'avant la Révolution tranquille ont tenté d'intervenir dans leur vie autant que le permettaient les institutions en place, se contentant pour le reste de constituer le bras séculier de l'Église. Selon une certaine interprétation historique, même la révolte des patriotes exprimait une réaction de l'establishment autochtone contre la dynamique moderne du capitalisme et de la liberté. Le clerc, prêtre ou avocat, régnait sur les affaires publiques.

Il est vrai que, jusqu'à récemment, les Québécois n'en bénéficiaient pas moins d'une grande marge de liberté, comme en témoignent la prospérité croissante d'une génération à l'autre et le fait que, en temps de paix, l'individu pacifique pouvait vivre une bonne partie de sa vie sans demander de permis ni remplir de formulaires, bref en ignorant un peu l'État. L'État québécois ne bénéficiait pas des impôts et du quadrillage administratif qu'il a imposés depuis. La liberté des Québécois tenait sans doute davantage aux libertés anglaises ou à l'esprit américain (au sens large) qu'aux institutions autochtones.

La Révolution tranquille, si on peut parler de révolution, n'a fait que remplacer l'Église-État par l'État-Église: banalité qu'il vaut la peine de répéter. L'idée fantoche de la souveraineté du peuple, c'est-à-dire la conception ancienne de la liberté servie à la moderne, est venue renforcer le pouvoir de l'autorité conservatrice. L'assurance maladie a remplacé le salut éternel, le bureaucrate du Ministère est devenu le nouveau clerc, et le quadrillage administratif que Tocqueville craignait a étendu sa main coercitive sur l'ensemble de la société.

Le mythe du coureur des bois

La figure emblématique du coureur des bois, symbole de l'esprit américain, fournissait pourtant un contrepoids à la domination du clerc. À tout ce qui représente l'autorité établie, le coureur des bois oppose, dans la mythologie populaire sinon dans l'histoire, l'image de l'indépendance individuelle. Il exerçait l'activité individualiste par excellence du commerce, avec son fusil non enregistré, dans des forêts où, pour reprendre l'expression de Henry David Thoreau, "on ne voit l'État nulle part".

Si le coureur des bois n'a pas fait de révolution, si son individualisme resté clandestin préfigure l'individualisme resquilleur et incohérent qui se manifeste parfois encore dans la société québécoise, il offrait quand même un modèle culturel qui aurait pu servir la révolution nécessaire. Mais la victoire de la tyrannie tranquille que l'on a appelée "Révolution" a suivi le modèle du clerc plutôt que celui du coureur des bois, le collectif plutôt que l'individuel, l'État plutôt que la liberté. Ce qui devait suivre était dès lors prévisible.


2) Entre les Hells Angels et les Rock Machine

Voilà ce qu'ils appellent "Sauver le Pays"; comme si d'un peuple asservi et mis sous le joug [...] on pouvait dire qu'il a un pays!
-- Lysander Spooner, Outrage à chefs d'État (1870), Paris, Belles Lettres, 1991, p. 158.

La victoire du nationalisme québécois au référendum du 30 octobre 1995 aurait-elle constitué une révolution ou plutôt renforcé le pouvoir? donné la palme au coureur des bois ou bien au clerc?

La révolution nécessaire

Il convient de replacer la question dans le contexte général de notre époque et de la révolution nécessaire. La fin de notre siècle -- qui fut bien le siècle de l'État, comme l'espérait Mussolini -- se caractérise par l'écrasement de l'individu devant les contrôles de l'État administratif, à tel point qu'on ne sait même pas nommer le tyran. L'individu pacifique passe une bonne partie de sa vie à remplir des formulaires, à quémander des autorisations administratives, et à servir son maître étatique.

Ce que la conception moderne de la liberté appelait droit est devenu privilège, qu'il s'agisse de circuler sur les routes, de posséder des armes, d'exercer le métier de son choix, etc. Inversement, ce que la mythologie officielle appelle "droits" s'assimile au pouvoir de la majorité, ou de minorités privilégiées, d'exproprier et de contrôler d'autres individus. Le pouvoir de contrôle de l'État a été décuplé par son quadrillage administratif: impossible d'échapper à ses filets.

Ainsi, la révolution aujourd'hui nécessaire est une révolution au nom de l'individu (voir notamment Jacques Ellul, Autopsie de la révolution, Paris, Calmann-Lévy, 1969). Cette constatation déborde largement la distinction factice entre la gauche et la droite traditionnelles.

Si le gouvernement du Québec est longtemps apparu comme le pouvoir le plus dangereux (encore que relativement inoffensif en comparaison d'aujourd'hui), la montée de la tyrannie fédérale depuis quelques décennies a profondément changé la donne politique dans ce pays. La création des grands programmes sociaux, leur centralisation ou leur uniformisation par le gouvernement fédéral, le marquage des individus au fer de l'assurance sociale, la rectitude politique constitutionnelle, la prohibition par le Code criminel de droits traditionnels de l'homme libre en Occident, l'impôt spoliateur et l'accroissement des contrôles et des pouvoirs du fisc, tout cela est venu du gouvernement fédéral ou a été rendu possible par son pouvoir cartellisateur.

Les vertus de la décentralisation politique dans la lutte contre la tyrannie sont illustrées par le comté de Graham en Caroline du Nord. Si les droits individuels y sont généralement mieux protégés qu'ici et qu'on y retrouve plus facilement l'indépendance du coureur des bois, la vente de boissons alcoolisées y est par contre stupidement interdite. Mais on a qu'à faire quelques kilomètres pour franchir la frontière du comté et acheter librement l'élixir de son choix.

C'est sans doute au Québec que le quadrillage administratif a atteint ses sommets canadiens, notamment avec le fichage généralisé de l'assurance maladie, mais cela n'aurait sans doute pas été possible sans l'aide du grand frère fédéral. Pour parler net, des deux tyrans, le fédéral et le provincial, le premier est devenu plus menaçant que le second. Ceux qui me reprochent d'avoir, au cours des années, infléchi mes attaques vers le gouvernement fédéral négligent ce fait fondamental.

Nationalisme et liberté

Le nationalisme est-il un ennemi indomptable de la liberté ou peut-il se mettre à son service? Bien que je penche plutôt vers le premier volet de l'alternative, la question est controversée. Le second volet reçoit l'appui de la charte américaine des droits (les amendements de 1791 à la constitution) où, malgré le nationalisme révolutionnaire, le terme "Américain" est absent -- bien que l'expression "the people" y revienne à quelques reprises. De même, on ne trouve pas le mot "Français" dans le corps de la Déclaration de 1789 -- malgré quelques mentions du terme "citoyen".

En s'attaquant à la tyrannie fédérale, le nationalisme québécois aurait pu servir la cause de la liberté et apporter une contribution à la révolution nécessaire en Occident. Hélas! telle n'est pas la tangente qu'il a prise.

Lisez Le coeur à l'ouvrage, manifeste que le Parti québécois a publié avant la campagne référendaire. La "nouvelle société québécoise" qui y est proposée oppose explicitement la "solidarité sociale" et la discrimination positive à l'individualisme. Ce "projet de société" envisage de renforcer toute une kyrielle de contrôles qui existent déjà au fédéral, de la liberté d'expression à ce qui reste du droit de posséder des armes. La primauté des choix collectifs et la confiance du nourrisson envers l'État y sont omniprésentes. Ces sécessionnistes, plus canadiens que les Canadiens eux-mêmes, ne souhaitent que renforcer la tyrannie actuelle.

Durant la campagne référendaire, les deux camps officiels (les seuls à qui la loi permettait de consacrer des ressources à la promotion de leurs opinions) ont défendu la même conception naïve de l'État. Il y a une expression qui fut rarement -- si elle le fut jamais -- prononcée: liberté individuelle. Les deux camps ne visaient que le pouvoir politique, appelé "souveraineté" d'un côté, "unité" de l'autre. Faire un choix entre ces deux options revenait à prendre partie soit pour les Hells Angels soit pour les Rock Machine. Encore que les bandes de motards violent les droits du Québécois moyen à une échelle bien plus modeste que le tyran fédéral ou le tyran provincial.

Le nationalisme québécois actuel est donc bien porteur d'une idéologie de clerc et non d'une révolution de coureur des bois. En répondant à la question posée au référendum et en votant à 50,6% pour les Hells Angels et à 49,4% pour les Rock Machine, les Québécois ont raté la révolution nécessaire.


3) Appel à la révolution

The tree of liberty must be refreshed from time to time with the blood of patriots and tyrants.
-- Thomas Jefferson, Lettre du 13 novembre 1787, in The Essential Jefferson, New York, Collier Books, 1963, p. 264.

Aujourd'hui comme au temps des coureurs des bois, l'individualisme des Québécois demeure clandestin. Ils se plient collectivement aux lois liberticides -- les réclament même -- mais se retirent individuellement dans le marché noir. Ils accueillent sans broncher intellectuellement les vagues de rectitude politique venues d'ailleurs, mais continuent, en cachette s'il le faut, de flirter et de fumer. Politiquement fatalistes et cyniques, ils ouvrent leurs portes aux modes politiques d'hier, mais continuent de croire que le bras armé de l'État ne les concerne pas individuellement.

La primauté du collectif

En renforçant le quadrillage administratif et la tyrannie tranquille que Tocqueville craignait, les années soixante ont rendu de plus en plus difficile, rare et clandestine l'expression de cet individualisme rampant. La Révolution tranquille a officialisé la primauté du collectif.

De sorte que, parmi les Canadiens, les Québécois apparaissent aujourd'hui comme les plus écrasés devant le groupe et devant l'État. Quand les quelques Canadiens anglais à l'esprit individualiste, qui vivent surtout dans l'Ouest, reprochent aux Québécois des catastrophes qui portent nom Pierre-Elliot Trudeau ou Jean Chrétien, il est difficile de leur donner tort. Sinon, bien entendu, dans une perspective individualiste, où l'individu n'est pas responsable des péchés de ses tyrans: "Vos lois ne me concernent pas."

Je sais un député du Bloc Québécois dont le bureau classe les requêtes des électeurs par leur numéro d'assurance sociale, aucun de ceux qui téléphonent ne s'offusquant d'avoir à décliner le matricule dont l'État l'affuble. Les Québécois acceptent gentiment d'aller faire la queue au CLSC pour renouveler leur carte d'assurance maladie. Et cetera.

On voit même apparaître au Québec une mentalité caractéristique de l'Europe de l'Est: tricher dans les petites choses peu risquées, et ne pas oser affirmer ses droits abrogés dans les grandes. Ainsi, les Québécois brûlent leurs stops, ce qui n'est pas très civique, mais ils n'oseraient pas risquer quelques années de prison en portant une arme dans leur voiture, ce qui ne nuit à personne, bien au contraire (voir mon article "Uncivil Disobedience: Would Henry David Thoreau Have Obeyed Stop Signs in Outremont, Québec", Liberty, juillet 1995). Mais là encore, se manifeste peut-être un individualisme rampant s'il est vrai, comme certaines indications le suggèrent, que les honnêtes citoyens détiendraient plus d'armes illégales au Québec qu'ailleurs au Canada.

Certains, parfois même des amis, m'ont reproché d'avoir trop insisté sur le droit de posséder et de porter des armes (voir mon Droit de porter des armes, Paris, Belles Lettres, 1993), sans se rendre compte de l'importance à la fois symbolique et pratique de ne pas concéder le monopole des armes à l'État. Cas paradigmatique où les sujets des États contemporains, et en particulier les Québécois, ont, depuis le début du siècle, abandonné un droit que les citoyens ordinaires avaient conquis de haute lutte en Occident. Ce droit distinguait les hommes libres des esclaves, comme l'illustre la loi virginienne de 1785 interdisant aux esclaves de porter des armes "sans ordre écrit de leur maître ou employeur".

"L'homme vivant sous la servitude des lois prend sans s'en douter une âme d'esclave", écrivait Georges Ripert. Se montrant encore une fois plus canadien que les Canadiens mêmes, le Parti Québécois nous promet de "faire du Québec la région nord-américaine où il sera le plus difficile d'acquérir des armes de poing" (Le coeur à l'ouvrage, p. 31), ce qui signifie en clair qu'elles seront interdites comme elles le sont à New York depuis la loi Sullivan de 1911. Si l'on en croit l'histoire du Québec rédigée sous la direction de Denis Vaugeois et Jacques Lacoursière (Québec-Canada, édition corrigée et mise à jour, Montréal, Boréal Express, 1978), l'occupant anglais avait, durant une certaine période suivant la conquête, commis l'affront de désarmer les habitants du Canada. Or, à Ottawa, le Bloc Québécois s'est inscrit parmi les plus virulents partisans du désarmement actuel des citoyens dont l'infâme loi C-68 a marqué une autre étape. Avec des amis pareils, le coureur des bois n'a pas besoin d'ennemis.

Quand on se demande comment les Québécois ont, dans ce domaine comme dans d'autres, si facilement abandonné ce qu'il leur restait de la tradition occidentale des droits individuels, la remarque post-référendaire de Jacques Parizeau sur "le vote ethnique" suggère de renverser la perspective. Ne se pourrait-il pas que des immigrants ignorants des conditions de la liberté individuelle -- soit qu'ils viennent de contrées hostiles à la tradition occidentale, soit qu'ils aient été accoutumés au quadrillage administratif européen, étrangers en tout état de cause à l'individualisme du coureur des bois -- aient pu, en s'établissant dans la société molle qu'est le Québec, accélérer le processus d'écrasement de l'individu par l'État, et contribuer à la victoire du clerc sur le coureur des bois? Bref, qu'ils aient pu voter pour d'autres pareils de Jacques Parizeau.

Dans une perspective libertarienne, bien sûr, l'immigration est un droit: ce n'est pas parce que mes ancêtres ont touché ces côtes il y a 350 ans que j'ai davantage que quiconque le droit d'y vivre libre. Mais le qualificatif "libre" a son importance, et l'immigration pose un problème si, et seulement si, elle menace nos libertés. Si on me réplique qu'il est difficile de trouver des immigrants plus ignorants de la liberté que l'establishment autochtone qui nous gouverne, je resterai bouche bée.

Le scénario optimiste

On peut quand même envisager un scénario optimiste. Supposons un moment qu'il soit possible de faire redécouvrir aux Québécois de souche les éléments d'individualisme, de détermination, de courage, dont étaient porteurs leurs ancêtres, qui ont quitté des sociétés corporatistes et sclérosées pour tenter leur chance dans le Nouveau Monde, défricheurs, coureurs des bois et femmes fortes qui ont élevé des familles nombreuses sans allocations familiales ni assurance maladie... Est-ce qu'on ne peut pas imaginer que leur sentiment nationaliste, même s'il est dangereux, les amènerait à voir l'oppression du tyran fédéral et de son clone provincial? La sécession fournirait alors un prétexte idéal pour faire, hic et nunc, la révolution nécessaire.

L'espoir est que les Québécois retrouvent ce qu'il y a d'individualisme enfoui dans leur culture, et disent non serviam au tyran. Mince espoir, sans doute, mais qu'il faut entretenir comme des braises dans un feu de camp. Quelle forme la révolution prendrait-elle? Doit-elle déborder les cadres de la légalité formelle et liberticide? Cela reste à voir, ici comme ailleurs.

- FIN -


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