Lettre publiée dans Le Devoir , 9 juillet 1996
Je ne comprends pas très bien pourquoi, selon la police de la CUM, "de moins en moins de victimes [des gangs de rue] portent plainte par peur de représailles" (Le Devoir, 2 juillet 1996).
Avec un minimum d'entraînement et de sens de sa dignité individuelle, l'individu (homme ou, surtout, femme) qui porte, ou seulement possède chez lui, des armes à feu n'a peur d'aucun criminel. Il est vrai, toutefois, qu'étant donné la législation sur les armes à feu, il a tout à fait raison de craindre la police.
Il est tout aussi vrai que le père de famille ou l'individu responsable hésiterait à tirer sur un agresseur de 15 ans. Sans doute, celui-ci n'a appris que ce qu'on lui a enseigné: que la force fait le droit. Mais l'hésitation diminue exponentiellement avec l'âge du voyou et la gravité de la menace. Surtout, l'évidence montre que l'effet dissuasif de la possibilité d'une légitime défense armée réduit les agressions criminelles et prévient généralement la nécessité de tirer (voir mon Droit de porter des armes, Belles Lettres, 1993).
On notera enfin que le porte-parole de la police cite, comme exemple à ne pas suivre, la ville de New York, où la possession des armes de poing (et, à toutes fins pratiques, la légitime défense) est interdite aux simples citoyens depuis 1911.