[Lettre publiée dans Le Devoir, 23 septembre 1995, p. A-10]

De la flicaille
par
Pierre Lemieux

Il faut quand même dire un mot en réponse au flic qui, dans Le Devoir du 13 septembre, prend position pour un autre alourdissement du contrôle des armes à feu, c'est-à-dire pour la troisième loi du genre en moins de 20 ans (sans compter les multiples règlements).

Honnête, l'auteur avoue ignorer si des contrôles toujours plus bureaucratiques et prohibitionnistes empêcheront les criminels de se procurer des armes. Il en conclut qu'en cas de doute, la police doit obtenir de nouveaux pouvoirs. Payé pour combattre le crime, il soutient même que les vols d'armes justifient de rendre leurs propriétaires "imputables"!

Il a droit à son opinion, ce flic. Il peut se désarmer s'il le souhaite. Mais il n'a pas le droit de forcer tout le monde à vivre dans une société où l'État met en prison des gens qui souhaitent seulement conserver la possibilité d'exercer leur droit de légitime défense -- ce qui est l'objet du projet de loi C-68. C'est du déjà-vu: en vertu de la loi de 1977, censée nous protéger contre les criminels armés, le Décret no 1 sur les armes prohibées se dépêchait de rendre passible de cinq ans de prison (dix ans maintenant) la possession de bonbonnes de gaz lacrymogène.

Y'en a marre de la flicaille qui, prétendument payée pour protéger nos droits, les attaque pour y substituer des "privilèges" à quémander.


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